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Lauren, 26 ans : "Je lance une appli qui permet de trouver ses colocataires"

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Firmbee
Quitter un boulot confortable pour créer son entreprise. Un projet fou ? Pas pour Lauren, 26 ans, qui s'est lancée dans l'aventure de l'entrepreneuriat avec l'un de ses amis. Tous deux ont créé l'application Whoomies, qui facilite la colocation en faisant du "matching" entre futurs colocataires, début 2017. Retour sur des débuts prometteurs.

"Une fois qu'on a l'idée, on ne pense qu'à ça, c'est difficile de se concentrer sur autre chose." Lauren n'en dort plus, ou presque. Cette jeune femme de 26 ans, qui a grandi à Paris, a décidé de donner un nouveau départ à sa vie professionnelle en créant son entreprise. Depuis la fin janvier, sa société, Whoomies, a vu le jour. Le concept est simple : une application permettant de trouver les colocataires qui correspondent à nos attentes, en se basant sur les habitudes et les goûts. "Si on cherche à vivre avec des gens différents, l'appli le permet... L'idée est avant tout de mieux préparer la vie en colocation pour éviter les mauvaises expériences", explique Lauren.

Pour ce projet, Lauren a décidé de tourner la page, alors même qu'elle avait une situation professionnelle plus que confortable : "Depuis deux ans, je travaillais au sein d'une banque privée dépendant de Natixis, comme gestionnaire de patrimoine. On m'avait même proposé une promotion avant que j'annonce mon départ." Un poste bien rémunéré, autour de 40.000 € annuels, sans la part variable. L'aboutissement d'un parcours d'études sans trop de remous : Bac ES en 2008 à Neuilly-sur-Seine, licence de droit privé à l'université Paris 2 Panthéon-Assas, puis master en gestion de patrimoine à l'université Paris-Dauphine.

Stage, alternance et CDI dans la même entreprise

"Je n'avais pas la vocation pour pousser plus loin les études de droit, devenir avocate", raconte Lauren. Je suis tombée sur cette possibilité d'intégrer le master de Dauphine, et en regardant les matières je me disais que ça me plairait bien." Un cursus qui se passe plutôt bien pour Lauren, puisqu'elle fait son stage et son alternance dans la même entreprise, qui finit par l'embaucher en CDI deux mois après son diplôme. "C'est un métier vraiment intéressant, où on ne fait pas que de la gestion. On construit une relation de confiance avec le client. On est un peu le médecin de famille sur les affaires patrimoniales", témoigne la jeune femme.

Mais Lauren ne se voyait pas passer toute sa vie derrière un bureau. "Dans mon travail, j'étais au contact de nombreux entrepreneurs, avec des histoires souvent passionnantes. J'avais envie d'écrire la mienne !" Tout s'est déclenché il y a quelques mois, en discutant avec l'un de ses meilleurs amis, Alexandre. "Lui avait pas mal expérimenté la colocation à travers le monde, et avait parfois changé quatre fois d'appartement avant de se sentir bien ! Il préparait son prochain départ pour Londres, et trouvait que c'était un enfer pour trouver sa coloc avant de partir." Lauren, de son côté, hébergeait une amie et se rendait compte que leur mode de vie n'était pas toujours compatible...

Nuits blanches

"On ne se rend pas compte, avant de se lancer, de l'ampleur de la tâche ! J'ai d'abord passé des nuits blanches à regarder si ce type de services existait... De fait, il n'y a rien qui soit aussi poussé sur le côté humain, les autres applis ne se focalisent que sur l'aspect financier ou la description de l'appartement."

Très vite, Lauren et Alexandre ont décidé de rejoindre un incubateur. "Avoir une structure avec des spécialistes est précieux face à toutes les questions qu'on se pose." Diplômée de Dauphine, Lauren avait le droit de déposer une candidature au sein de l'incubateur de l'université. "On nous a dit de présenter un peu mieux notre projet, avec un premier business plan. Avant de quitter mon travail il y a un mois, je bossais le soir entre 21 h et 2 h du mat.." Résultat : Whoomies a intégré l'incubateur début février 2017.

Du réseau et du soutien

Lauren a eu face à elle un patron compréhensif. "Il m'a formée pendant deux ans, et a quand même accepté de me laisser partir avec une rupture conventionnelle." Une forme de rupture du contrat de travail qui permet à Lauren de toucher des indemnités chômage. "J'étais prête à démissionner de toutes façons, j'avais un peu d'épargne et mes parents pouvaient me soutenir." Une chance qui n'est pas donnée à tout le monde...

Lauren a par ailleurs pu s'appuyer sur son réseau professionnel. "Je suis allée voir une avocate que je connaissais par le travail pour qu'elle me conseille sur le statut à adopter. Nous avons opté pour la SAS finalement." Lors de l'inscription au registre des sociétés, la jeune femme a découvert les joies de l'administration : "J'ai fait la queue tout une après-midi pour qu'on me dise finalement qu'il manquait un papier à mon dossier..."

Un incubateur sinon rien

Lauren et Alexandre ont eu la chance d'intégrer un incubateur au sein duquel ils ont pu bénéficié, durant plusieurs semaines, des infrastructures en place et de conseils de pro. "L'incubateur propose des permanences d'avocats et de comptables bénévoles. On peut leur poser toutes les questions qui nous taraude, sur les conventions de stage notamment. Ce n'est pas évident de se lancer quand on n'en a jamais signé comme chef d'entreprise auparavant." Apprendre en faisant, donc.

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ETUD
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