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Avec son associé, Tung, 25 ans, a créé Kraze, une appli qui aide les noctambules à trouver le meilleur de la scène électro

Tung, 25 ans
Cofondateur de Kraze
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Légende
Tung à Station F
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Crédits
Kraze
« On va où maintenant ?! » C’est pour aider les fêtards à dénicher en moins d’une minute la meilleure soirée électro du moment que Tung N’Guyen et son associé ont créé Kraze, une appli dédiée aux nuits parisiennes avant d’être étendue à d’autres mégapoles. Après une année de parcours entrepreneurial en montagnes russes, ils ont trouvé dans l’accélérateur de start-up Station F le camp de base idéal pour propulser leur projet. Récit sans paillettes d’une aventure à 140 bpm.

Un soir de décembre 2017, Tung N’Guyen et son meilleur copain, Bastien Champ, tous deux passionnés de musique électronique, sont en quête d’un endroit où faire la fête. Une soirée finalement avortée par manque de bons plans, mais pas perdue pour autant. À ce moment précis émerge la trame de Kraze : un agenda géolocalisé pour repérer en un coup d’œil la soirée de ses rêves, dans une appli sociale pour échanger entre « teufeurs » sur les meilleurs plans de la scène électro. 

De l’École 42 aux premiers live streamings

Tung est alors élève de l’École 42, l’école informatique parisienne lancée par Xavier Niel, après 3 années passées à Londres en Bachelor finance. Tandis que Bastien, étudiant à l’ESG (École supérieure de gestion), s’occupe des interfaces, il se penche sur le codage et l’économie de leur projet.

Pour financer Kraze, juste mélange de crave (« avoir terriblement envie de » en anglais) et crazy (« dingue »), les deux compères tapent dans leur épargne. Rejoints dans l’aventure par un copain, chargé du relationnel avec les établissements de nuit, ils parviennent à réunir 15 000 €. Une somme qu’ils emploient aussitôt pour produire des live streamings (diffusion en temps réel de vidéos), idée phare du trio pour faire « goûter l’ambiance » des soirées qu’ils diffusent sur les réseaux sociaux. 

Logé dans l’incubateur de l’école de Bastien, le trio est livré à lui-même : « On a été accompagnés par un consultant pendant 3 mois, mais ça ne nous a pas du tout aidés », se souvient Tung. En janvier 2018, ils décident de retirer leur appli, malgré plus de 5 000 téléchargements, en raison d’un taux de rétention (nombre d’utilisateurs fidélisés sur une période) insatisfaisant. 

Atterrissage à Station F

En dépit d’une V2 de l’appli redesignée et développée sur Android, de nombreux bugs et la sensation de ne pas en maîtriser les effets frustrent ses créateurs. Même l’accompagnement d’un spécialiste en stratégie dans le nouvel incubateur de start-up qui les héberge les déçoit.

 « Il a fallu qu’on intègre Station F, en janvier 2019, pour qu’on s’aperçoive de la différence d’accompagnement », explique Tung. C’est en évoquant leurs problématiques devant leur « Guild » (réunion des start-up d’un même plateau pour partager les expériences), que Tung et son associé sont amenés à se challenger. En un mois, ils lancent de nouvelles idées et mesurent l’impact de leurs actions : « On a arrêté de naviguer à vue, et on a du même coup stoppé nos live streamings, un gouffre ! » 

Alors que leur ami en charge du relationnel quitte le navire, ils partent en quête de business angels et de financements. « L’ironie du sort, c’est qu’on avait 25 000 téléchargements, mais on n’arrivait pas à lever des fonds, car on ne générait aucun revenu. Et on ne connaissait rien des soutiens régionaux dédiés aux jeunes ! »

Le réseau social des nuits électro

Au cours d’un workshop à l’ESP (École supérieure de publicité) à Paris, en avril dernier, tout se décante : la rencontre avec un prof d’entrepreneuriat américain de Stanford est un déclic. Devenu leur mentor, il injecte 20 000 € dans la start-up et planche avec eux sur une nouvelle version. Désormais, leur appli ambitionne de devenir le réseau social des nuits électro dans les grandes villes européennes. 

Sollicitée, BPI France vient de leur octroyer 30 000 € de subventions. « On vise 100 000 téléchargements d’ici à janvier 2020 et une extension à Barcelone ! », déclare Tung. Leurs objectifs à court terme ? Miser sur l’Europe et sur des accélérateurs basés à Londres ou à Berlin, et y attraper au vol les anges du business. Des papillons de nuit, peut-être, mais pas sans cervelle.

   

Aller plus loin...

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Auteur
Nathalie Helal, Kangae

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