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Manon, 23 ans, a créé une association pour accompagner les étudiants orphelins vers la réussite

Manon, 23 ans
Fondatrice de l'association Phénix
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Manon, fondatrice de Phénix
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Phénix
En créant une association d’accompagnement au soutien scolaire et professionnel pour des jeunes isolés ou orphelins, Manon Fahy, étudiante engagée de 23 ans, est passée par toutes les étapes de lancement d'une entreprise à but non lucratif.

La France compte près de 650 000 orphelins - de père et/ou de mère - de moins de 25 ans*. Pour un certain nombre d'entre eux, l'accès aux études supérieures est un parcours du combattant souvent semé d'échecs, faute d'un accompagnement bien défini.

Née en 2017, l’association Phénix est d’abord le fruit d’une rencontre, celle de Manon, alors âgée de 21 ans, étudiante en licence 3 économie à Paris I, et de Stéphane, étudiant-entrepreneur dans la même université. « D’un concept de plateforme à développer dans le cadre de l’économie sociale et solidaire, je suis passée à une réflexion sur une cause qui me tenait directement à cœur. Stéphane, qui depuis a quitté la structure, avait cette idée d’association en tête. Pour ma part, j’ai grandi dans le Sud en côtoyant des jeunes de l’ASE (Aide sociale à l’enfanceplacés chez ma grand-mère, qui a été toute sa vie famille d’accueil. C’est ainsi que j’ai pu voir concrètement les carences dans le soutien de ces jeunes, notamment sur le plan scolaire », explique Manon. 

Le duo pose alors les bases d’une structure proposant l’accompagnement scolaire et professionnel personnalisé de jeunes âgés de 16 à 23 ans privés de leurs parents, orphelins ou placés en familles d’accueil, « un créneau d’âge qui semblait plus accessible que celui des enfants ou des très jeunes ados ».

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En France, un enfant par classe en moyenne est orphelin
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Fondation OCIRP
Dépôt de statut et lancement

Créer une association passe par des démarches parfois inattendues : ainsi, l’étape de la domiciliation, incontournable quand on ne dispose pas d’un local. Grâce à la MIE (Maison des initiatives étudiantes), un dispositif de la Mairie de Paris, l'association obtient une adresse postale. Une somme de près de 300 €, venue du « Kit-à-se-lancer » attribué par la Ville de Paris, aide à payer les premiers frais : assurance obligatoire et compte en banque. 

Après le dépôt des statuts à la préfecture, une équipe de bénévoles est immédiatement recrutée via Instagram, un réseau privilégié pour bénéficier d’un maximum de résonance auprès des jeunes : « Je ne pensais pas que les gens refuseraient de se faire payer, mais ça a été le cas ! », affirme Manon.

« Tuteurs » et « mentors », tous bénévoles, rejoignent donc la toute jeune association, s’engageant respectivement à un semestre et à une année entière d’encadrement, scolaire et professionnel. « Les tuteurs, des profs, enseignent une ou plusieurs matières, à raison d’une heure trente par semaine. Les mentors sont des professionnels travaillant dans le secteur visé par l’étudiant(e) ou des conseillers en ressources humaines qui le/la guident vers sa future orientation », explique la jeune présidente de Phénix. Les jeunes accompagnés, quant à eux, découvrent l’association par la communication déployée sur les réseaux sociaux. 

Promouvoir l’égalité des chances

5 membres « permanents », tous bénévoles, assurent le fonctionnement de Phénix, qui compte un volant de 20 tuteurs et autant de mentors pour 12 jeunes suivis cette rentrée. Manon, actuellement en master 2 cadre des organismes du secteur social, consacre plusieurs heures par semaine à l'association en assurant notamment les mises en relation entre coachs et étudiants. 

Unique en France, Phénix existe pour l’instant seulement en Île-de-France. Un manque que Manon aimerait combler très bientôt : « La dimension humaine, le fait de rencontrer autant de générosité chez les bénévoles, souvent issus eux-mêmes de familles monoparentales ou de l’ASE, tout ça a du sens et me donne envie que Phénix soit présente dans tous les établissements scolaires et universitaires de France. Notre ambition est de défier les statistiques et de promouvoir l’égalité des chances. »

  

Aller plus loin...

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*Chiffres OCIRP (Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance) 2017.

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Auteur
Nathalie Helal, Kangae

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